Témoignage
d’un groupe d’accompagnement scolaire
Ce courrier nous a été adressé en réponse au questionnaire sur l’enseignement de la lecture de l’enquête que nous avons effectuée dans le courant de 2000. Nous avons respecté l’anonymat qui nous avait été demandé.
Nous avons bien reçu le questionnaire destiné aux enseignants.
Nous sommes en plein accord avec votre position par rapport aux méthodes d'apprentissage de la lecture, et du grand rôle de l'insuffisance de maîtrise de la langue dans l'échec scolaire, langue écrite, mais nous ajoutons « oralisation »
Malheureusement dans les trois écoles primaires auprès d'enfants desquelles nous œuvrons, la « globale » et la «semi-globale » sont utilisés. Et il ne fait pas bon aller a contrario des enseignants... Aussi notre équipe pilote, pour rester en bon terme avec eux et pouvoir continuer à œuvrer, a jugé plus prudent de ne pas leur distribuer de photocopies de votre questionnaire. Nous le regrettons vivement et nous vous demandons de bien vouloir nous en excuser.
Quelques réflexions par rapport à certaines de vos questions :
choix
des livres, et donc de la méthode : c’est l’école qui signale à la
commune quel est son choix. Les livres sont prêtés aux enfants. C'est un
capital qui constitue un stock pour x années. Même si un ou une titulaire
de CP ou CE 1 change les livres restent là. Il faut bien les utiliser.
les enfants en orthophonie : soit en libéral soit en CMPP. Un certain nombre d’enfants de notre groupe est ainsi suivi. Nous ne constatons guère d'amélioration, même après 15 août 18 mois de séances.
Mais nous devons vous préciser que nous n’aidons que des enfants en difficulté scolaire, de familles en difficultés sociale, culturelle, financière, psychologique, et bien souvent déstructurées.
À propos de ces enfants-là les enseignants nous disent ne pas être préparés.
Quant aux découvertes des neurosciences mieux vaut ne pas trop aborder la question auprès de nos enseignants : ou bien on les met dans la gêne, ou bien on nous « remonte les bretelles » voire même par inspecteur de l'Éducation nationale...
Cependant globalement nous sommes en bonne relation avec les enseignants, tant des écoles primaires que du collège. Des instituteurs ou institutrice eux-mêmes nous demandent de nous occuper de leurs élèves, réalisant bien qu'un enfant pris en charge individuellement, à deux séances par semaine, a plus de chances de progresser.
Deux personnes entre nous ont assisté en mars dernier à une conférence organisée par une association pour enfants dyslexiques. Il y avait foule : parents étudiants. Cette association vient tout à fait à l'appui de votre propre thèse en ce qui concerne les méthodes d'apprentissage de la lecture.