Lettre N° 12 - 2ème
trimestre 1986
UNE
VICTOIRE A EXPLOITER
IL FAUT COMPLETER LA CONSTITUTION AFIN DASSURER
DEFINITIVEMENT LA LIBERTE DE LENSEIGNEMENT ET LA PAIX SCOLAIRE
CITOYEN EN HERBE
Parmi les défenseurs de la liberté de
lenseignement, nul ne songe à dire que le 16 mars nous sommes passés des
ténèbres, à la lumière. Ce nest pas la crainte du ridicule, désormais attaché
à lusage de cette formule, qui nous arrête, ni le dédain pour des résultats
électoraux tellement prévisibles que certains ont fini par les juger décevants, ni une
méfiance injustifiée à légard du gouvernement actuel, mais simplement une
appréciation lucide de la situation.
A lAssemblée Nationale siège une nette
majorité de parlementaires qui se sont prononcés sans équivoque en faveur de la
liberté de lenseignement. Vraisemblablement, le souvenir du 24 juin 1984 aura joué
un rôle important dans les choix électoraux des Français. ENSEIGNEMENT ET LIBERTE
est en droit de sen réjouir, puisque sans nous laisser intimider par les
admonestations de certains, qui nont pour fonder leur autorité que
lofficialité de leur fonction, nous avons clairement affirmé que la liberté de
lenseignement était bien un enjeu électoral. Cette victoire électorale, nous y
avons contribué ; elle est un peu la nôtre. Cest dire que nous ne saurions la
mépriser.
Sans nouveau changement politique majeur, il ny
aura pas de nouvelles attaques contre la liberté de lenseignement. Bien plus, tant
dans le texte qui lui sert de référence (la plate-forme commune du gouvernement) que
dans la déclaration de politique générale du Premier Ministre, le gouvernement a
proclamé sa volonté de réparer les attaques qua subies cette liberté, de
létendre et den confirmer solennellement les principes.
En face de cette situation nouvelle, je serais porté
à parler dune victoire emportée par tous les Français attachés à la liberté de
lenseignement, si je ne savais quil nest pas de situation plus
désastreuse pour le vainqueur que celle qui consiste à ne pas savoir, à ne pas vouloir
ou à ne pas pouvoir exploiter sa victoire. Or jai quelques raisons de craindre que,
par maladresse ou par défaillance de la volonté politique, cette victoire soit pour le
moins insuffisamment exploitée.
· Ne sous-estimons
pas les obstacles que rencontrera inévitablement toute action cohérente dans le domaine
qui nous préoccupe. Il y a dabord ceux qui résultent de ce quil est convenu
dappeler la "cohabitation". Par exemple, nul nattend de
M. MITTERAND quil soumette au Congrès un projet de révision de la
constitution dont le but serait dy inscrire le libre choix de lécole ! Mais
il y a aussi - ce qui est moins visible - toutes les limites et tous les retards apportés
dans les changements pourtant indispensables des hauts fonctionnaires qui régissent
lEducation Nationale. De plus, ce gouvernement sait que son temps est compté : deux
ans au maximum, sans quon puisse affirmer que ce délai sera atteint. En matière
déducation, deux ans cest insuffisant pour quon puisse réellement
apprécier leffet de certaines réformes. Enfin, personne nignore quil y
a dautres questions dautant plus urgentes que lopportunité des
solutions qui leur seront apportées jouera un rôle fondamental dans les prochains
débats électoraux. Ainsi, on comprend aisément que le gouvernement tienne pour
prioritaire le problème du chômage.
Ajoutons à ces facteurs qui relèvent de la situation
politique générale, lentrave réelle apportée par létrange attitude de
certains représentants qualifiés de lenseignement privé. Après sêtre
voilé la face devant la dimension politique du problème, ces bons pacifistes, sous
prétexte de ne pas rallumer une guerre scolaire mal éteinte, se font les plus ardents
défenseurs du traité inégal conclu à leurs dépens. Ils ne veulent que la loi, toute
la loi et rien que la loi ; la loi JOXE-CHEVENEMENT, naturellement. La loi appliquée
"dans sa lettre et dans son esprit", ajoutent-ils souvent. Et par
"esprit", il faut entendre la loi appliquée de façon bienveillante. Ils
semblent oublier que la loi quils acceptent aujourdhui est, de laveu
même de son principal auteur, identique quant au fond à la loi SAVARY contre laquelle
ils avaient été contraints de nous mobiliser hier. Ils feignent aussi dignorer
quon ne saurait tenir pour bonne une loi qui garantit insuffisamment les libertés
des citoyens dans le cas où le Gouvernement serait très malveillant ! Manifestement, de
tels partenaires, tellement soucieux de solliciter les crédits dont ils ont effectivement
besoin quils finissent par en oublier daffirmer leurs principes, ne sont
guère de nature à aiguillonner un Gouvernement embarrassé.
· Toutes ces
données négatives peuvent expliquer, sans les excuser, des retards excessifs et une
certaine timidité dans laction gouvernementale. Elles sont heureusement
contrebalancées par des facteurs positifs qui rendent possibles des réformes décisives.
Je névoquerai pas le mythique état de grâce.
Mais je constate que létat de lopinion publique est très favorable aux
mesures que nous souhaitons. Le fait est que les Français ont pris conscience de
léchec du système scolaire préconisé par les Socialistes et partiellement mis en
place sous les gouvernements davant 1981 à la demande de la F.E.N. Le long débat
relatif à lécole libre a fortement contribué à cette prise de conscience.
Aujourdhui, sur les problèmes scolaires et universitaires, leur siège est fait. Un
sondage publié dans LE MATIN (23 avril 1986) constate que parmi les mesures
énoncées par Jacques CHIRAC, la plus populaire (à égalité avec la création
dune allocation parentale déducation pour les familles de trois enfants)
cest "la suppression de la carte scolaire, cest à dire davoir
(sic) désormais le libre choix géographique de lécole". Elle suscite le
consensus : 86 % dopinions favorables contre 8 % dhostiles.
Dailleurs, on conçoit mal que lopinion
tienne à une disposition quon a pu caractériser comme linstauration
dune carte de rationnement en matière scolaire. Il ny a que la socialisante
Fédération des Conseils de Parents dElèves (ex-Cornec, ex-Andrieu) pour pousser
par dogmatisme laudace jusquà préconiser le maintien de la carte scolaire,
au moment même où on apprend quelle a perdu en 10 ans le quart de ses effectifs !
Les parents sont indifférents aux arguments de gauche selon lesquels on risque de créer
ainsi des inégalités entre écoles. Ils ne souhaitent pas une égalité toute abstraite
; ils veulent simplement pouvoir choisir pour leurs enfants lécole quils
estiment être la meilleure. Ceux qui sacharnent à ne pas le comprendre
dépenseront en vain leur salive et leur encre.
Il faut également prendre en compte la considérable
perte dinfluence des syndicats de la F.E.N. et des mouvements proches delle.
Ce phénomène indéniable qui ne se mesure pas exclusivement à la baisse des suffrages
dans les élections professionnelles, tant sont tenaces les habitudes de vote, est
facilement compréhensible. Les enseignants qui militaient dans les syndicats de gauche
depuis longtemps ont été déçus par cinq années de pouvoir socialiste. Tous ceux qui
tenaient au laïcisme triomphant ont connu lamertume de voir le gouvernement
socialiste submergé par une vague quils navaient pas prévue, contraint de
dissimuler ses desseins et de ne les réaliser quimparfaitement. Ceux qui croyaient
voir leur situation matérielle améliorée nont rien obtenu. Les plus candides qui
estimaient le socialisme seul capable de régénérer les institutions scolaires ont vu
les rivalités entre corps saccroître, le désordre dans la gestion
saggraver, linefficacité du système devenir chaque jour plus manifeste.
Certes, M. CHEVENEMENT est venu panser les plaies de leur découragement par quelques
paroles creuses. Mais le caractère illusoire du remède ne pouvait longtemps abuser.
De cette déception aussi générale quelle est
rarement avouée résulte que les syndicats de gauche sont actuellement incapables de
mobiliser efficacement leurs troupes. Ils pourront se livrer à quelques gesticulations,
complaisamment amplifiées par les médias qui leur sont favorables. Ils ne constituent
plus dans limmédiat cette force politique redoutable quils furent dans le
passé.
En revanche, tous les membres de lEducation
Nationale favorables aux principes dune politique scolaire libérale sortent mûris,
et comme aguerris, de cinq années dopposition. Ils ont acquis lhabitude de
prendre leurs responsabilités, habitude dont ils ne se dessaisiront pas. Ils ont affiné
leurs réflexions, contribuant dans des groupes divers, souvent sans liaison organique,
mais dont la convergence est remarquable, à lélaboration de projets de réforme
précis. Cest dire quun gouvernement résolu disposera, à lintérieur
même du corps enseignant, de forces appréciables, prêtes à lappuyer sous
réserve quon ne leur demande ni de mettre une sourdine à leurs exigences, ni de
renoncer à leur indispensable indépendance de jugement et daction.
Malgré les obstacles quon ne pouvait taire,
loccurrence me semble donc particulièrement favorable à la mise en uvre
dune nouvelle politique éducatrice. Je confirmerai ce diagnostic par
lévocation dun fait. M. MONORY vient dannoncer trois mesures qui
sont toutes bénéfiques : labrogation de la sectorisation (qui sera effective en
1987, puisquil est trop tard pour quelle le soit en 1986), larrêt du
recrutement des P.E.G.C. auxquels seront substitués des professeurs certifiés,
labrogation de la réforme des lycées prévue par M. CHEVENEMENT. Chacune de
ces mesures aurait suscité un tollé en dautres temps. Les syndicats de la F.E.N.
se sont pour linstant contentés de protestations de pure forme. Il suffisait donc
de vouloir pour réussir.
· Jirai plus
loin : la conjoncture actuelle constitue une occasion très favorable quil ne faut
pas laisser passer sans agir, car on nest pas certain de la retrouver demain.
A la longue, les syndicats de la F.E.N. finiront bien
par sortir de leur relative léthargie. Supposons que la politique libérale rencontre des
difficultés dans certains domaines, par exemple en économie. Alors, les Français se
détourneront des principes philosophiques qui la fondent (la valeur du mérite, de la
concurrence, de la liberté de choix, etc...). Du coup leur opinion au sujet des
problèmes scolaires risque de sen ressentir : les solutions étatistes retrouveront
un certain crédit, le libre choix de lécole perdra de son prestige. Le souvenir
des manifestations de 1984 finira lui aussi par sestomper. Bref, pour ce qui tient
à létat de lopinion publique, il serait imprudent despérer dans
lavenir une conjoncture aussi favorable que celle que lon connaît
aujourdhui. Cest pourquoi il ne faut pas différer la mise en uvre du
programme gouvernemental.
Lurgence dune action est particulièrement
manifeste dans deux domaines.
Lenseignement supérieur est théoriquement régi
par la loi SAVARY de 1984, inappliquée dans la moitié des Universités puisque les
universitaires eux-mêmes ont utilisé toutes les ruses pour différer sa mise en
uvre. Labrogation de cette loi a été solennellement promise. Mais on ne peut
vivre indéfiniment dans le vide juridique ou dans le désordre institutionnel, avec des
conseils-croupions qui se dépeuplent à chaque départ à la retraite et des
"administrateurs provisoires" nommés à la place des responsables élus.
Ladoption dune nouvelle loi ne saurait être plus longtemps différée. Compte
tenu des délais quexigera la mise en place des diverses instances quelle
prévoira nécessairement, on courrait le risque de passer toute la prochaine année
universitaire dans le provisoire si elle nétait pas adoptée avant les vacances.
Il y a dautant moins lieu de tergiverser
quexiste un texte parfaitement satisfaisant en ce quil accorde aux
Universités les moyens de leur autonomie. Déposé sur le bureau de lAssemblée
Nationale par Jean FOYER, il a été contresigné par les deux Présidents du groupe
parlementaire, tous les anciens premiers ministres, anciens ministres de lEducation
Nationale ou universitaires qui siègent sur les bancs de la majorité. Pourquoi ne pas le
soumettre au vote du Parlement ?
La triste situation de lenseignement privé
exigeait des mesures urgentes. Certaines ont déjà été prises. On doit féliciter le
nouveau Ministre de lEducation Nationale davoir obtenu linscription au
collectif budgétaire dun crédit important (100 millions de Francs) pour
laugmentation des forfaits dexternat. Mais des mesures de ce type ne sauraient
suffire. Pourquoi M. MONORY se sentirait-il obligé dappliquer les textes que
lui a légué son prédécesseur en essayant de leur ôter leur venin ? Aurait-il
limprudence de le faire et soyons assurés que M. CHEVENEMENT saura faire en
sorte pour que le mérite en retombe tout entier sur les vertus apaisantes de sa propre
loi et non sur lesprit déquité de son successeur.
Il faut donc changer rapidement un certain nombre de
textes. Dabord le décret relatif à la nomination des maîtres ; puisquil
sagit dun simple décret, il ny a pas lieu dinvoquer
lencombrement du calendrier parlementaire. Ensuite larticle 119 de la Loi de
Finance dont le second alinéa au moins peut être abrogé sans créer de lacune
juridique, puisquil na pour fonction que de rappeler le principe des crédits
limitatifs ; il sagit donc dun changement législatif facile à réaliser.
Enfin, il faudra supprimer des textes inscrits dans la loi de décentralisation tout ce
qui constitue des entraves au développement et au fonctionnement régulier de
lenseignement privé. En tout état de cause ce serait créer un dangereux
précédent que de faire une rentrée scolaire sans que soit modifié aucun des
textes que nous ont laissés les gouvernements socialistes.
· Un corps
électoral se laisse difficilement dépouiller des libertés auxquelles il a déjà
goûté. Il sera donc extrêmement difficile de revenir sur les changements qui auront
été effectués et qui tous consistent à étendre les libertés ou à mieux les
garantir. Raison de plus daller vite.
Jai simplement voulu indiquer quels changements
me semblaient les plus nécessaires ou les plus faciles à réaliser, bref tracer les
voies dune exploitation cohérente de la victoire.
Ce point de vue, nous avons pu lexprimer aux
nouveaux responsables de la politique de léducation. Un mois après la formation du
Gouvernement, nous avions déjà été longuement reçus, M. AUBERT et moi-même, par
M. MONORY, Mme. ALLIOT-MARIE et M. le Recteur DURAND, Conseiller du Premier Ministre.
Notre Association nest donc pas restée inactive depuis le 16 mars. Elle ne le sera
pas plus dans les mois qui viennent.
Maurice BOUDOT.
IL FAUT
COMPLETER LA CONSTITUTION AFIN DASSURER
DEFINITIVEMENT LA LIBERTE DE LENSEIGNEMENT ET LA PAIX SCOLAIRE
Dans "LA LETTRE DENSEIGNEMENT ET
LIBERTE" du premier trimestre de cette année, notre association a rappelé aux
futurs élus de la nation, et à tous ses membres, les principales raisons qui rendent
nécessaire une réforme de la Constitution actuelle de la République, afin de conforter
la liberté de lenseignement, et de la mettre à labri de la politique
quotidienne.
Cette "Lettre" soulignait aussi tout
lintérêt que présente larticle 23 de la Constitution des Pays-Bas,
grâce auquel ont été établies dans ce pays, à la fois la paix scolaire et une
liberté complète de lenseignement dans des conditions acceptées par tous les
responsables politiques et religieux. Dans la "Plate-forme pour gouverner ensemble",
dont sinspire laction de léquipe ministérielle au pouvoir en France,
figurent plusieurs principes qui recueillent le complet assentiment des défenseurs de la
liberté de lenseignement ; une affirmation mérite tout particulièrement, de
retenir lattention ;
"lEtat est garant de la liberté
denseignement : la protection constitutionnelle de la liberté
denseignement sera renforcée afin de garantir aux parents le droit
dinscrire leurs enfants dans létablissement public ou privé de leur
choix...".
Au cours de lhiver dernier quelques membres du
conseil dadministration d"Enseignement et Liberté", spécialement
préoccupés de problèmes juridiques, avaient étudié les modalités que pourrait
revêtir cette réforme constitutionnelle. Le moment semble opportun de faire état de la
solution quils préconisent.
En fait, il leur est apparu quil suffirait de
décider
Le projet élaboré au sein de notre association est
donc conçu en ces termes :
I/ Ajouter à larticle 2 de la Constitution du
4 octobre 1958 un deuxième et un troisième paragraphe ainsi rédigés :
"le respect des croyances implique la liberté de
dispenser et de recevoir un enseignement qui en soit inspiré, et le droit pour les
parents de choisir les établissements publics ou privés auxquels ils confient leurs
enfants".
"Les établissements publics ou privés
denseignement de toutes catégories doivent bénéficier, dans des conditions
égales, de tous les crédits ou concours publics".
II/ A larticle 34 de la Constitution :
Certes les auteurs de cette proposition ne prétendent
pas présenter lunique solution, mais sans doute lune des plus simples.
Celle-ci est offerte à la réflexion des membres d"Enseignement et
Liberté" et à lexamen des pouvoirs publics.
Il paraît probable que les réformes de ce genre ne
pourront pas intervenir dans de très brefs délais. Mais, justement, il est excellent de
disposer de quelque temps en vue détudier une question de cette importance, surtout
si elle doit être résolue dans le cadre dune modification plus large de la
Constitution destinée à mieux garantir un ensemble de libertés.
Dans cette perspective, il semble utile de citer à la
méditation de nos lecteurs, des membres du Gouvernement et du Parlement, deux extraits
dengagements internationaux parfois un peu oubliés :
1/ Deux articles de la Déclaration universelle des
droits de lhomme des Nations Unies du 10 décembre 1948 :
"Article 18. Toute personne a droit à la liberté
de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de
religion et de conviction, seul ou en commun, tant en public quen privé, par
lenseignement, les pratiques, le culte et laccomplissement des
rites".
"Article 26. Les parents ont, par priorité, le
droit de choisir le genre déducation à donner à leurs enfants".
2/ Un paragraphe du Protocole additionnel du 20 mars
1952 à la Convention européenne des droits de lhomme et des libertés
fondamentales du Conseil de lEurope du 4 novembre 1950.
"Article 20. Nul ne peut se voir refuser le droit
à linstruction. LEtat, dans lexercice des fonctions quil assumera
dans le domaine de léducation et de lenseignement, respectera le droit des
parents dassurer cette éducation et cet enseignement conformément à leurs
convictions religieuses et philosophiques".
Ce sujet de la réforme constitutionnelle, qui
suscitera probablement une vive curiosité de la part de nos lecteurs, mériterait sans
doute un exposé plus approfondi de la part de juristes qui font autorité en la matière.
Fort heureusement, notre association peut senorgueillir den compter parmi ses
membres.
Pierre SIMONDET
Dans le numéro 10 de LA LETTRE DENSEIGNEMENT
ET LIBERTE, nous avons dit quelles pouvaient être les arrière-pensées de
M. CHEVENEMENT lorsquil a rétabli linstruction civique à lécole
primaire et ce quil fallait penser de lorientation des manuels publiés en vue
de cet enseignement par les éditions Magnard.
Un nouveau manuel, "CITOYEN EN HERBE",
sera sorti de presse quand paraîtra ce numéro de notre Lettre.
Réalisé à linitiative de la F.I.V.A. qui
compte parmi les membres de son Comité dHonneur notre Président, préfacé par le
Professeur DREYFUS, rédigé par une équipe denseignants parmi lesquels Isabelle
MOURRAL et orné dun dessin de Jacques FAlZANT en couverture, ce manuel répondra,
nous en sommes certains, aux objectifs dune véritable éducation civique et morale.
Nous demandons instamment à nos lecteurs de
contribuer à sa diffusion en lachetant ou en le faisant connaître, au moyen du
bulletin ci-dessous, aux directeurs décole, aux instituteurs, maires et conseillers
municipaux de qui dépendent sa préconisation et son achat.
Comme de très nombreux Français, nous avions
accueilli avec satisfaction en son temps la décision de mettre en application dans les
écoles une éducation civique. Nous partagions cependant linquiétude des parents
qui ont découvert avec étonnement le contenu dun certain nombre de documents
scolaires mis entre les mains de leurs enfants et qui savent donc quun manuel
déducation civique ne peut éviter la référence implicite à des valeurs morales.
Cest pourquoi nous sommes heureux de signaler aux
lecteurs de La Lettre dEnseignement et Liberté la parution de "Citoyen en
herbe", manuel déducation civique et morale, qui a paru aux Editions de
lArc sous le parrainage de la Fédération Internationale pour la Défense des
Valeurs Humaines fondamentales (F.I.V.A.).
Il sagit dune uvre réalisée par des
professeurs, directeurs décole élémentaire et inspecteurs de lEducation
Nationale et destinée aux élèves du cours moyen, cest-à-dire à des enfants de 9
à 10 ans pour lesquels ce document agréable sera un support de lenseignement
civique quils auront plaisir à ouvrir.
Le programme quil couvre est bien conforme aux
instructions de lEducation Nationale et il devrait répondre aux objectifs
pédagogiques que se sont fixés ses auteurs : former un citoyen conscient de ses devoirs
et de ses droits, vivant dans une société de responsabilité, de justice et de liberté,
prônant le respect de la personne humaine dans le cadre social de la Famille et dans son
appartenance à la Patrie.
Nous recommandons "Citoyen en herbe" auprès
des lecteurs de La Lettre dEnseignement et Liberté et les incitons à le faire
connaître autour deux, en particulier à ceux qui ont une responsabilité dans le
choix de manuels scolaires, notamment les enseignants, les responsables
détablissements scolaires, les mairies qui achètent les livres, et, bien sûr, les
parents qui, directement ou par leurs associations, ont leur mot à dire dans les écoles.
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