Lettre N° 6 - 4ème
trimestre 1984
LES MOTS ET
LES CHOSES
LES CLASSES PRÉPARATOIRES DE STANISLAS
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
INFORMATIONS GÉNÉRALES
LA VIE DE LASSOCIATION
M. CHEVENEMENT a bien voulu rappeler que le but de
linstitution scolaire est dabord de transmettre des connaissances, quil
est hautement souhaitable quà lentrée au collège les élèves sachent lire
et quil est même désirable que les rudiments de la lecture soient acquis au terme
du cours préparatoire. Il affirme aussi quaucune éducation nest possible si
on nexige pas de ceux quon éduque un minimum deffort. Il soutient
quon ne peut viser exclusivement légalité des résultats atteints par les
élèves, quil faut encourager les meilleurs, ne pas sacrifier la qualité de
lenseignement et il en vient à prôner lélitisme républicain.
Ces propos, fort bien présentés à vrai dire, car M.
CHEVENEMENT se préserve constamment du jargon dont les discours pédagogiques nous ont
donné trop dexemples, méritent-ils vraiment dêtre relevés ? En
dautres temps, ils auraient constitué le fond du discours des Prix quun
Ministre peu inspiré serait allé prononcer dans quelque obscur lycée de province. Il
ny a rien de contestable parce que tout est évident au point dêtre banal.
· Faut-il que la
réflexion sur les fins de léducation soit tombée bien bas pour que ces propos
attirent lattention, suscitent des réactions assez passionnées dapprobation
ou dindignation ? Le fait est quils tranchent sur tout ce qui était
habituellement dit. Nous naurons pas la cruauté de les mettre en parallèle avec le
discours que tenaient les socialistes, il y a peu de temps encore. M. CHEVENEMENT se voit
contraint aujourdhui de brûler tout ce quon adorait hier dans son parti.
Cest trop manifeste pour quon ait besoin de sappesantir.
Naturellement, le Ministre rencontre à gauche de
nombreux esprits bien moins déliés que le sien qui sattachent aux vieux fantasmes
et ne comprennent pas quil est plus que temps de changer au moins de discours. Le
dernier exemple en date nous est fourni par M. Edmond MAIRE qui, persuadé de son
universelle compétence, a bien voulu nous faire part de ses idées en matière
déducation. Nous apprenons ainsi que soutenir que "tout est dans le savoir et
la transmission des connaissances" est blâmable, parce qualors "les
élèves ne semblent pas exister". Admirons le raccourci qui tient lieu de pensée à
M. MAIRE : celui qui transmet un savoir à quelquun nie lexistence de celui
auquel il transmet ce savoir. Il est vrai que M. MAIRE craint aussi quon "nie
la pédagogie", cette sublime science dont chacun sait quon peut mesurer les
progrès récents au fait que les résultats obtenus aujourdhui en certains domaines
comme lapprentissage de la lecture, sont très inférieurs à ceux quils
étaient il y a cinquante ans !
Que le nouveau discours ministériel ait quelques
effets urticants à gauche, nous ne nous en étonnerons pas. Il ny a pas lieu non
plus de sétonner de voir quelques porteurs deau se montrer en
loccurrence plus socialistes que le C.E.R.E.S. Les lecteurs du FIGARO (1.2
septembre 1984, page 17) ont pu apprendre que "lenseignement de la seule
intelligence" est "socialement injuste": "ce critère unique avantage
les enfants des familles cultivées, des classes aisées où lon manie plus
facilement les concepts que les outils. Dans les H.L.M on lit plus facilement les B.D. que
Claudel". Que les élèves restent tous à lire leur B.D. et quils ignorent
Claudel, au nom de légalité ! Ce morceau de prose est signé de M. STOLERU - dont
il est inutile de rappeler quil fût Ministre avant le 10 mai - qui manifestement se
trouve en plein accord de pensée avec M. LEGRAND. Nous savions de longue date que les
théories gauchistes en matière déducation avaient contaminé une large fraction
de la classe politique. Le mal est plus rebelle quon ne pouvait le croire.
Il est bien entendu absurde de tenir pour suprêmement
habile une tentative de contournement de M. CHEVENEMENT par sa gauche. Le seul problème
qui mériterait dêtre posé, sur le plan de lanalyse politique, est de savoir
pourquoi il tient un tel langage. Une fois la part faite des choix qui lui sont personnels
ou qui appartiennent en propre à la tendance politique quil anime, la raison est
simple. Le discours de lautre gauche, de cette gauche désormais archaïque
représentée par léquipe SAVARY ne passait plus. Il ne passait plus auprès du
grand public qui avait pris conscience, en partie à loccasion de la réflexion
quavait suscitée le mouvement en faveur de lenseignement libre, de la
faillite de toute une politique éducative régie par les idées de gauche, mais dont il
faut reconnaître quelle ne date pas du 10 mai même si sa mise en uvre
sest accélérée après cette date. Il ne passait plus également auprès de ce
corps enseignant qui, en grande partie, réprouvait les idées pédagogiques de ces
socialistes pour lesquels il constituait néanmoins une clientèle électorale
intéressante.
Il fallait satisfaire et lopinion et les
enseignants. M. CHEVENEMENT leur a fait aisément plaisir avec quelques paroles. Sur ce
plan nous nous garderons de lui adresser le moindre reproche. Après tout, il y a quelques
vérités élémentaires dont il est bon quelles soient rappelées de temps en
temps, surtout lorsquelles ont longtemps été effrontément niées. Mais les
paroles ne suffisent pas ; il faut que les actes suivent. Or, si nous considérons ce qui
est fait, et non ce qui est dit, le bilan est beaucoup plus inquiétant.
· Commençons par
lenseignement public, auquel le Ministre entend accorder tous ses soucis pour
mieux manifester sa volonté de dédramatiser le problème du privé.
On nous abreuve de déclarations dintentions,
dannonces de projets qui vont du rétablissement du B.E.P.C. à la restauration de
lenseignement de lhistoire à lécole primaire. Tout ceci est assez
touchant, mais reste bien vague et souvent ambigu. Je prends comme exemple le dernier
projet connu, celui relatif à linstruction civique. Je reconnais bien volontiers
que, sans prétendre transformer les collégiens en spécialistes du droit
constitutionnel, il est hautement souhaitable quils sachent comment est choisi un
Maire, quils nignorent pas tout des fonctions dun Député ou
quils sachent que le Président de la République est élu pour 7 ans. Il ny a
pas de quoi faire toute une affaire du rétablissement de ce type denseignement,
comme le fait la télévision officielle. Et comme certains, non sans raison, ont dit
quil fallait éviter quil y ait là matière à propagande politique, on voit
les Officiels du Ministère venir nous assurer quon nenseignera que des
principes généraux sur lesquels il y a un suffisant consensus - du type des droits de
lhomme - et se défendre de façon si confuse quils en sont suspects. Comme si
un enseignement qui vise à la simple connaissance des mécanismes qui régissent la vie
publique dans notre Société devait nécessairement se diluer dans des considérations
générales relevant de la philosophie politique dont il est difficile déviter
quelle soit idéologiquement impartiale. Cest ainsi que lanodin devient
suspect.
Mais mon reproche essentiel reste quon ne fait
rien et que du même coup la situation empire. Il ne faut pas oublier que M. SAVARY avait
mis sur ses rails un train de mesures destinées à être appliquées progressivement. Les
plus notables étaient la réforme des collèges inspirée par M. LEGRAND et la loi des
enseignements supérieurs. M. CHEVENEMENT nest revenu sur aucune de ces mesures,
même pas sur la première qui pouvait être abrogée par simple voie réglementaire. La
proportion des collèges LEGRAND ira donc en croissant, sans quon semble
dailleurs se soucier détablir un bilan de "lexpérience
LEGRAND". Les Universités sont fermement invitées à multiplier les nouveaux
premiers cycles dont la pédagogie est réglée par le refus systématique de toute
sélection. Est-ce un progrès de lélitisme républicain ? Non seulement la thèse
dÉtat est supprimée, mais les candidats qui la préparent actuellement et ne la
soutiendront pas dans un bref délai nauront plus les droits quassurait dans
le passé la possession du Doctorat dÉtat (à savoir, la possibilité de briguer un
poste de Professeur dUniversité). Cette mesure, qui constitue un déni de justice
est-elle donc un moyen dencourager les talents comme on prétend le faire ?
Ne rien faire cest donc laisser le mal
sétendre. Ne nous laissons pas abuser par les mesures parcellaires, bruyamment
annoncées. Elles ne sont que de la poudre aux yeux comme les beaux discours.
· Quant à
lenseignement privé, les quelques "mesures pratiques" annoncées
depuis le mois de juillet, en cours dexamen au Parlement, se sont transformées en
un dispositif législatif bien agencé. Certes, il a fallu renoncer aux mesures les plus
provocantes. Mais on a conservé des armes redoutables. Le système des crédits
limitatifs, linsertion de lenseignement privé dans les schémas
prévisionnels permettent dinterdire à tout moment lextension du secteur
privé. La procédure de nomination des maîtres donne les moyens dempêcher la
constitution déquipes cohérentes. Malgré la volonté gouvernementale de procéder
de façon silencieuse il y a eu suffisamment de débats, de prises de position, pour
quon sache à quoi sen tenir. Je ne reviendrai donc pas sur un certain nombre
de points.
Affirmer que le Gouvernement sest donné des
armes pour entraver lextension de lenseignement privé et gêner son
fonctionnement, ce nest pas engager un procès dintention. Dabord,
laccumulation des armes prouve la volonté dagresser. Ensuite, dès
maintenant, le Gouvernement se sert des armes qui sont à sa disposition. Il y a
dabord le fait massif que constitue la faible dotation en postes denseignement
qui a été accordée à lenseignement privé. Faute de capacités suffisantes, cet
enseignement a dû refuser des élèves quil était prêt à accueillir. Pour de
nombreux parents, la liberté du choix de lécole est restée une fiction. Mais il y
a aussi des difficultés qui pour être plus limitées nen sont pas moins
significatives. Je pense naturellement à laffaire des classes préparatoires du
Collège STANISLAS dont M. GORRE retrace par ailleurs lhistorique.
Il serait regrettable quon ny voie
quun problème particulier concernant dans un seul établissement un secteur
denseignement particulièrement "élitiste" et quon en conclue
quil ny a pas lieu quon se batte pour STAN ! Rappelons que ces classes
ont un siècle dexistence, quà une époque où le fait nétait pas
coutumier le collège STANISLAS avait décidé de préparer certains de ses élèves aux
concours décoles publiques, quont été ainsi formés de nombreux hauts
fonctionnaires et parmi eux de nombreux Maîtres éminents de lUniversité publique.
Pourquoi sacharne-t-on à entraver le
fonctionnement de ces classes ? Simplement, parce quelles constituent un secteur
prestigieux pour le privé, parce quelles lui permettent dapprécier et de
faire apprécier sa valeur par une concurrence loyale quelles établissent avec les
établissements publics lors de concours dont, pour lessentiel, lorganisation
relève de lÉtat. On comprend que M. CHEVENEMENT ne soit pas disposé à céder en
ce cas. Parce quil est élitiste il ne peut supporter ce quil peut y avoir
délitiste dans lenseignement privé.
· Le recul
tactique, les paroles apaisantes, ne doivent pas nous dissimuler la continuité des
desseins. Loffensive a été stoppée, elle peut reprendre à nimporte quel
moment si lassaillant croit en tirer un bénéfice de quelque ordre que ce soit.
On sait maintenant que la décrispation na
quun temps.
Maurice BOUDOT, le 5 décembre 1984.
Les
classes préparatoires de STANISLAS
STANISLAS est le seul établissement privé catholique
de PARIS assurant la préparation aux grandes écoles dingénieurs et de gestion des
élèves issus de lenseignement secondaire.
Depuis 1951, époque des lois BARENGE et MARIE en
faveur de lécole libre, STANISLAS avait passé, avec lapprobation de Monsieur
LAPIE, Ministre Radical Socialiste de lÉducation Nationale à lépoque, un
accord avec le lycée SAINT-LOUIS pour le fonctionnement de ces classes préparatoires.
Cet accord, qui laissait à STANISLAS la
responsabilité de linscription des élèves, lui donnait aussi la possibilité de
recruter ses professeurs parmi ceux du prestigieux lycée SAINT-LOUIS leur rémunération
restant à la charge de lÉtat.
Après que Monsieur SAVARY, en refusant de tenir un
engagement pris par un de ses prédécesseurs au Ministère de lÉducation Nationale,
eut contraint STANISLAS à fermer ses classes préparatoires pendant lannée
scolaire 1983-1984, Monsieur CHEVENEMENT met tout en uvre pour les détruire après
leur réouverture en octobre 1984.
En inaugurant la rubrique "Pour la liberté de
choix des parents", que nous annoncions dans le précédent numéro de la Lettre, par
le cas de STANISLAS, nous avons bien conscience des différences que crée la nature de
lenseignement dispensé entre ces classes préparatoires et les classes primaires ou
secondaires des milliers décoles qui constituent la substance de
lenseignement libre à travers tout le territoire.
Le cas de STANISLAS nen est pas moins exemplaire
de la continuité dune volonté de destruction de ces écoles.
Il est aussi exemplaire par la fermeté des
représentants de STANISLAS qui ont préféré fermer les classes préparatoires pendant
une année scolaire plutôt que daccepter un statut préfigurant celui prévu par le
projet de loi de Monsieur SAVARY et qui ont réussi à rouvrir ces classes avec un
financement uniquement privé.
Les OBSERVATIONS de la COUR des COMPTES
A loccasion dune inspection du lycée
SAINT-LOUIS en 1977, la Cour des Comptes fit observer quil conviendrait de mettre en
conformité le statut particulier de STANISLAS avec celui défini postérieurement par la
loi DEBRE de 1959.
Conformément à la demande de la Cour des Comptes, un
Protocole dAccord fut signé en 1980 entre le Recteur de lAcadémie de PARIS,
en tant que représentant du Ministre, et le collège STANISLAS.
Ce Protocole établissait, sans la moindre ambiguïté,
quau régime contractuel existant serait substitué celui de droit commun du contrat
dassociation pour la rentrée scolaire de 1983.
Après avoir laissé sans réponse les demandes
répétées de mise en application du Protocole, Monsieur SAVARY, reniant
lengagement de son prédécesseur, prétendit, en mai 1983, imposer un statut
détablissement dintérêt public (E.I.P.) que lon retrouvera quelques
mois plus tard dans le projet de loi auquel il a attaché son nom.
Après en avoir référé aux Autorités responsables
de lenseignement catholique et, en particulier, à Monseigneur HONORE, le collège
STANISLAS refusa de donner au gouvernement la possibilité de se targuer dun
précédent, préférant la fermeture des classes préparatoires et la dispersion de ces
classes, qui eut en effet lieu en octobre, 1983 dans des lycées parisiens.
La RÉSISTANCE à lARBITRAIRE
Grâce à la générosité de particuliers et
dentreprises, 8 classes préparatoires ont pu être rouvertes en septembre 1984.
Parallèlement, en décembre 1983, STANISLAS a demandé
lextension aux classes préparatoires du contrat dassociation qui est le sien
pour lenseignement secondaire.
Ce nest que le 9 juillet 1984 que le Préfet de
PARIS, agissant pour le compte du Ministre de lEducation Nationale, répondit
négativement à cette demande dextension en arguant du fait que les Professeurs
proposés navaient pas sollicité leur nomination.
STANISLAS fit alors appel au Comité Départemental de
conciliation qui a pour mission darbitrer ce type de conflit. Par lettre du 26
juillet, STANISLAS fournissait à lAdministration toutes les informations prouvant
que les conditions nécessaires à lextension du contrat étaient remplies :
Lors de la réunion du Comité de Conciliation, tenue
le 3 octobre, et sans quaucune précision complémentaire nait été demandée
à la suite de la lettre du 26 juillet, lensemble des participants se prononça en
faveur de lextension du contrat, à lexception du seul représentant de la
Fédération de lÉducation Nationale (F.E.N.).
Le représentant de la Préfecture déclara pour sa
part "lAdministration estime que, en létat actuel du dossier, la
situation de certains professeurs assurant lenseignement dans les classes
préparatoires, ne paraît pas conforme aux conditions imposées par les textes en vigueur
et que, en conséquence, il napparaît pas possible daccorder lextension
du contrat aux dites classes préparatoires".
STANISLAS a depuis introduit un recours devant le
Tribunal Administratif et obtenu que celui-ci use de la procédure durgence.
Grâce à cette procédure, le jugement devrait être
rendu dans huit mois. Il sera, nul nen doute, favorable à STANISLAS, mais le
Ministère fera appel devant le Conseil dÉtat, nul ne peut en douter
malheureusement.
Cet appel étant suspensif et les procédures de ce
type devant le Conseil dÉtat ayant une durée moyenne de trois ans, le gouvernement
dispose de cinq années pour étrangler financièrement les classes préparatoires.
Lucien GORRE.
LES DEUX CAMPS
La journée du jeudi 13 décembre marque un nouveau
tournant du combat entre ceux qui veulent imposer le grand service public laïc et unifié
et ceux qui défendent la liberté de lécole.
La majorité du Sénat a amendé le projet de loi de M.
CHEVENEMENT après lavoir déclaré, selon lexpression dun de ses plus
éminents représentants "tout aussi pernicieux et inopportun" que le projet
SAVARY.
Dans un communiqué, lU.N.A.P.E.L. dénonce les
comités de vigilance qui font "des interprétations erronées dune partie des
textes actuellement en discussion devant le Sénat".
Le même jour, des parents délèves de
Loire-Atlantique, alertés par ces comités de vigilance, ont installé, comme ils
lavaient fait au mois de juin, une école libre sur lesplanade de la gare
Montparnasse.
Quelques heures après, la police les en chassait par
la force.
Pour sa part, lU.N.A.P.E.L. "soppose
à une agitation quelle estime aujourdhui néfaste pour la cause quelle
défend" en affirmant sa volonté "de voir régler les problèmes que posent
encore les textes CHEVENEMENT dans le cadre des débats parlementaires et des
concertations prévus".
ENSEIGNEMENT et LIBERTÉ unit dans le même hommage la
majorité sénatoriale et les parents de NANTES.
ENSEIGNEMENT et LIBERTÉ appelle chacun à choisir son
camp en se prononçant par tous les moyens que la Constitution autorise pour le texte qui
vient dêtre adopté par le Sénat.
Paris, le 13
décembre 1984.
DANS LA PRESSE :
Dans "MADAME FIGARO" du 17.11.84, à
la question de Karine CIUPA lui demandant "les parents du privé doivent-ils être
totalement rassurés ?", Jean-Pierre CHEVENEMENT a répondu "En réalité, les
parents du privé nont jamais eu lieu dêtre inquiets".
Le reste de lentretien confirme bien
lidentité de la démarche de Monsieur CHEVENEMENT et de celle de Monsieur SAVARY :
certains raccourcis ont été jugés impraticables et lallure est plus lente, mais
lobjectif reste le même.
DÉCLARATION dUN MINISTRE :
Lobjectif de Monsieur SAVARY puis de
Monsieur CHEVENEMENT est-il compatible avec un idéal de liberté ?
Telle nest pas lopinion de Madame Georgina
DUFOIX, alors Secrétaire dÉTAT auprès du Ministre des Affaires Sociales et de la
Solidarité Nationale, chargé de la famille, de la population et des travailleurs
émigrés, sexprimant à la tribune de lAssemblée le 6 avril 1984.
En effet, en réponse à une question dun
député communiste dénonçant la collecte, par une entreprise, dinformations sur
la vie privée et les opinions politiques des candidats à un emploi, Madame DUFOIX a
répondu en dénonçant ces pratiques comme autant datteintes à la liberté (en
précisant par la suite que lesdites pratiques nétaient connues que par voie de
presse).
Elle a ajouté "ces atteintes à la liberté sont
moins visibles que dautres qui suscitent dimmenses manifestations. Mais si
elles sont moins spectaculaires, elles sont plus pernicieuses, plus dangereuses, beaucoup
plus graves au regard des libertés de la personne".
Tout lecteur qui nous dira quelles sont les immenses
manifestations qui ont été suscitées dans la période précédant le 6 avril par des
atteintes bien visibles à la liberté, recevra autant dexemplaires de ce numéro de
la Lettre dENSEIGNEMENT et LIBERTÉ quil le souhaite pour le distribuer à ses
amis.
Encore deux précisions :
MANIFESTATION
La PÉTITION NATIONALE pour une MEILLEURE ÉCOLE1 est une Association qui
sefforce de rassembler des idées concrètes pour améliorer notre système
éducatif.
Déjà, à la fin du printemps, la P.N.M.E. avait
organisé un colloque avec sept Professeurs, auteurs de livres récents sur lécole.
Le 16 octobre, une nouvelle réunion rassemblait autour
de M. FOUGERE, Conseiller dEtat, deux anciens Ministres, MM. BEULLAC et HABY, le
Recteur BOURSIN et Madame MOURAL, Inspectrice Générale de lEducation Nationale et
M. de VULPILLIERES, Maître de Requêtes au Conseil dEtat.
Il sagissait de montrer les difficultés de
fonctionnement de ladministration de lÉducation Nationale, surtout dans ses
rapports avec la F.E.N. et de rechercher les moyens dy remédier. Certes, ces moyens
doivent être définis, mais il y faudra avant tout une forte volonté politique.
BIBLIOGRAPHIE
Dominique de La MARTINIERE vient de faire paraître une
"Lettre ouverte aux Parents qui refusent le massacre de lEnseignement"2. Ce titre provoquant est
lexpression de son indignation qui fait suite à une profonde inquiétude ressentie
depuis des années. Certes, cela fait plusieurs mois que nous lisons le témoignage de
Professeurs criant leur angoisse devant létat de délabrement de notre système
éducatif. Mais pour lui qui regarde les choses de lextérieur avec la longue
expérience dun grand commis de lÉtat, il sagit dabord de
contester la double dictature dune administration monstrueuse et dun
syndicalisme monopolistique pour leur opposer le pouvoir parental.
Très largement documenté, il analyse avec une cruelle
précision des faits quil est difficile de mettre en doute et recherche avec
lucidité les causes de cette situation aux conséquences tragiques pour lavenir de
la Nation. Et ce, pour aboutir à la conclusion quil faudra arriver à une
reconstruction complète dont il définit les fondements essentiels.
Ce livre est un document très utile non seulement pour
les Parents, mais aussi pour tous les adhérents dENSEIGNEMENT et LIBERTÉ.
CONSEIL DADMINISTRATION
Monsieur Roland DRAGO, Professeur à la Faculté de
Droit et des Sciences Economiques de Paris, et Monsieur Henri de La VILLE BAUGE, Vice
Président de la Fédération de Paris des APEL, ont été cooptés au Conseil
dAdministration.
ADHÉSIONS :
Les adhérents recevront au début dannée un
appel pour le renouvellement de la cotisation.
Les bulletins dadhésion et dabonnement
ci-dessous sont donc exclusivement destinés à des personnes qui nont pas
encore adhéré.
Bien entendu, leur adhésion vaudra pour 1985.
1 3, rue Logelbach - 75017 Paris - Tél. : 227.04.85
2 Editions Albin MICHEL - 218 pages -
55,00F. - août 1984
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