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Paris, octobre 2008
Madame, Monsieur et chers amis,
Le colloque que nous venons de tenir à La Roche-sur-Yon, dans les locaux de l’Institut Catholique d’Enseignement Supérieur et avec l’Organisation Internationale de Défense de la Liberté d’Enseignement, nous a permis de faire le point, avec des conférenciers de plusieurs pays, sur la liberté d’enseignement en France.
Pour l’enseignement primaire et secondaire, nous avons débattu du rapport 2007/2008 de l’OIDEL sur les libertés éducatives dans le monde. Ce rapport donne une évaluation de ces libertés dans cent pays regroupant 95 % de la population mondiale.
Les notes attribuées à chaque pays prennent en compte la possibilité de créer des écoles libres, le financement qu’elles reçoivent de l’Etat et leur autonomie en matière de programmes et de méthodes d’enseignement, ainsi que le choix de l’école par les parents et l’école à la maison.
Dans ce classement, la France occupe une assez peu glorieuse vingt-neuvième place, entre la Roumanie et la Thaïlande. C’est dire que si la décision prise par M. Darcos de supprimer progressivement la carte scolaire va dans le bon sens, il reste beaucoup à faire.
La suppression de la carte scolaire est en grande partie illusoire, dans la mesure où est maintenue la règle actuelle qui fige, sans aucun fondement légal, le rapport entre le nombre de postes du public et celui du privé à quatre pour un. Les parents qui souhaitent faire passer leurs enfants du public au privé se trouvent ainsi dans la situation du voyageur mécontent de son hôtel qui aurait la possibilité de changer de chambre mais pas celle de changer d’hôtel.
La situation dans l’enseignement supérieur libre, deuxième thème de notre colloque, est quant à elle particulièrement critique. Il n’est nullement exagéré de dire qu’elle était meilleure du temps de Jules Ferry. Tous les établissements universitaires, comme l’ICES où nous nous trouvions, dépendent pour l’attribution des diplômes, sauf recours à un jury rectoral dont l’existence peut à tout moment être remise en cause, du bon vouloir d’une université publique, en principe la plus proche.
En cette période de rentrée scolaire, nous devons avoir conscience de ces situations qui seront développés dans le prochain numéro de notre Lettre et reprises sur notre site Internet. Je souhaite que vous vouliez bien nous confirmer votre soutien à notre action, en nous retournant le bulletin ci-joint, avec votre participation pour 2008 si vous ne l’avez déjà fait, ou avec un versement complémentaire, si vous le pouvez.
Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur et chers amis, l’expression de mes sentiments dévoués.
Le Président
Recteur Armel Pécheul