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ACTUALITÉ

 

Paris, novembre 2011

 

Madame, Monsieur et chers amis,

Dans mon dernier courrier du mois de juin, je dénonçais l’introduction de la pseudo théorie du genre dans les programmes des sciences de la vie et de la Terre et l’impossibilité pour l’enseignement privé sous contrat de répondre à la demande des parents, en raison du numerus clausus limitant, sans aucune légalité, le nombre de ses professeurs en dessous du quart de celui du public.

En cette fin d’année, l’Éducation nationale persiste dans sa volonté de déstabilisation de la société, en mettant, sous la pression de groupes homosexuels, les paires de personnes de même sexe sur le même pied que les familles, dans un nouveau programme irréaliste de terminale L, intitulé Droits et grands enjeux du monde contemporain.

Au même moment le candidat du parti socialiste à la prochaine élection présidentielle manifeste, en signant un amendement au projet de loi de finances, son intention d’étrangler financièrement, s’il parvient au pouvoir, l’enseignement libre.

Quels dangers présentent exactement les mesures prises par M. Chatel et celles annoncées par M. Hollande et comment pouvons-nous y faire face ?

Je vous propose d’y réfléchir ensemble dans cette lettre.

DGEMC

Sous le nom pompeux de Droits et grands enjeux du monde contemporain, le projet d’un nouveau programme destiné aux élèves de terminale L a été présenté pour consultation par le ministère de l’Éducation nationale le 7 mars. Dans son paragraphe 2.5, intitulé L’évolution de la famille, il est écrit : « Après avoir constaté l’absence de définition de la famille, on montrera, par une analyse juridique et historique qu’elle a profondément évolué et qu’elle est devenue multiforme (famille biologique, adoptive, monoparentale, recomposée, nucléaire, élargie) et on proposera aux élèves d’en rechercher une définition.

La version définitive, publiée au Bulletin officiel du 13 octobre, reprend, avec la numérotation 2.6, le même texte avec le mot homoparentale inséré entre monoparentale et recomposée.

Entre ces deux versions, prend place, le 22 avril, une lettre ouverte de l’Association des familles homoparentales – ADFH – faisant part au Directeur Général de l'Enseignement Scolaire de son indignation face à cette omission.

Sur son site, l’ADFH « se félicite aujourd’hui de la prise en compte des familles homoparentales dans ce programme éducatif » et « veillera à ce que le thème de l’homoparentalité soit traité de manière correcte et approfondie dans les manuels de DGEMC à paraître pour la rentrée 2012 ». Voilà qui promet !

Il revient aux associations familiales de dénoncer la désignation comme biologique de la famille fondée sur l’union d’un homme et d’une femme et sur son assimilation à ses avatars et ses contrefaçons.

Il nous revient par contre de dénoncer l’ingérence d’une association sans qualification pour le faire dans la rédaction des programmes et la complaisance du ministère envers elle. Est-elle due à un savant calcul de l’actuelle majorité politique destiné à couper l’herbe sous le pied de l’opposition socialiste, en anticipant sur sa promesse de reconnaissance de l’homoparentalité ? Faut-il craindre, au contraire, que le ministre n’ait pas plus d’autorité sur les programmes d’enseignement que n’en a un monarque constitutionnel sur la marche de son royaume ? A chacun d’en juger.

Le scandale de la reconnaissance de facto de l’homoparentalité par le ministère en cache un autre, d’une aussi grande ampleur, touchant au cœur même de sa mission.

Le préambule du programme précise, si l’on peut dire, que ce nouvel enseignement « vise à permettre aux élèves [.] d’élargir leurs perspectives et leurs champs de compétence », continuant par :

« L’objectif n’est pas d’offrir aux élèves l’anticipation d’une première année de droit à l’Université », mais « plus simplement (sic) de faire découvrir le droit, [.] ainsi que la méthode, qui se veut rigoureuse, par laquelle il aborde et traite les questions dont il est saisi. » et,

« C’est dans cet esprit, et afin de faciliter cette découverte, que l’on a pris le parti, par différence avec ce qui se fait le plus souvent à l’Université, d’une démarche inductive qui va du particulier au général. »

Alors que les facultés de droit voient arriver en première année des étudiants qui peinent à rédiger un commentaire d’un jugement banal, ce sont de véritables jurisconsultes, capables de dire et de créer le droit que le DGEMC, qui a la prétention de couvrir les instruments, les sujets et l’organisation du droit, leur confiera.

Gageons qu’ils ne sauront toujours pas pour autant commenter un arrêt simple.

Un amendement significatif

M. Hollande qui s’est bien gardé de donner son avis sur ces nouveaux programmes – il lui aurait fallu les approuver – a montré, par le biais d’un amendement à la loi de finances pour 2012, comment il comptait, s’il parvient au pouvoir, mettre à mal la liberté d’enseignement.

Par cet amendement, il s’agissait de supprimer les possibilités de déductibilité fiscale dont bénéficient aujourd’hui, comme de nombreuses œuvres d’intérêt général, du sport à la culture, les donateurs des associations apportant une aide financière aux écoles privées hors contrat. C’est ainsi que l’Association Éducation Solidarité et la Fondation pour l’école verraient leurs ressources divisées par trois à effort financier constant de leurs donateurs.

Les écoles sous contrat verraient quant à elles sévèrement plafonnées leurs possibilités de recourir à des bienfaiteurs pour les travaux de mises en conformité d’un parc immobilier souvent vétuste.

Cet amendement n’a pas été adopté, mais M. Hollande nous aura prévenus.

Remédier à la crise de l’école

Plus personne ne conteste la crise de l’école. Elle perdurera tant que l’on n’aura pas remédié à ses causes qui tiennent essentiellement :

Que pouvons-nous faire pour remédier à cette situation ?

En réponse aux protestations qui se sont élevées de toute par contre la modification que je viens de rappeler des programmes d’histoire et contre l’introduction de la fumeuse et pernicieuse théorie du genre dans ceux des Sciences de la vie et de la terre, le ministre a chargé un Inspecteur général d’une mission de réflexion sur ces deux questions, afin, peut-être, de les noyer ensemble.

L’action du collectif Permis de lire à laquelle nous vous proposons de vous associer, en nous retournant le bulletin ci-joint, a pour but d’obtenir que soient mis en œuvre les moyens nécessaires pour que tous les enfants apprennent à lire correctement dès le début de l’école primaire.

Cette action a, je le crois fermement, de bonnes chances d’aboutir à un résultat plus concret que les protestations précédentes, pour les raisons suivantes :

Je vous invite donc à signer le manifeste figurant sur le bulletin de soutien et à nous le retourner dans l’enveloppe ci-jointe.

Le déclin de la formation de notre jeunesse n'est pas une fatalité : seuls le silence et la résignation sont coupables. N'hésitez pas à nous faire part de vos remarques et de vos propositions.

Comptant sur votre soutien, je vous prie de croire, Madame, Monsieur et chers amis, à mes sentiments dévoués.

 

Le Président
Recteur Armel Pécheul

 

P.S. : ce courrier est adressé aux personnes (adhérents et sympathisants) déjà présentes dans notre fichier et à d'autres qui n'y seront inscrites que si elles nous retournent le bulletin de soutien ci-joint.

Si vous nous avez déjà fait un ou plusieurs versements cette année, leur montant est mentionné sur le bulletin ci-joint, afin, si vous souhaitez nous faire un nouveau versement, que vous puissiez le faire en connaissance de cause.

Le reçu correspondant à l’ensemble de vos versements de l’année 2011, vous sera adressé au début de 2012.

Vous trouverez à la page suivante des informations sur nos actions et notre mode de fonctionnement. Vous pourrez compléter ces informations en vous rendant sur notre site internet.

Principes

L’association Enseignement et Liberté a été créée en 1983, à l’initiative de Maurice Boudot, professeur de philosophie à Paris IV Sorbonne et de Jacques de Saint-Chamas, président de la Fédération de Paris des associations de parents d’élèves de l’Enseignement libre.

Toute personne souhaitant soutenir notre action peut le faire en en devenant, à son choix, adhérent ou donateur. Les adhérents sont membres de droit de l’Assemblée générale et peuvent être candidats aux fonctions d’administrateur. Les donateurs sont invités aux réunions organisées par l’association.

Les comptes sont établis sous le contrôle d’un expert comptable indépendant. Ils sont soumis à l’approbation de l’assemblée générale et communiqués aux adhérents ou donateurs qui le demandent. Les statuts peuvent être consultés sur notre site Internet ou adressés par la poste à qui en fait la demande.

Le président et les administrateurs de l’association ne tirent aucune contrepartie financière, directe ou indirecte, pour eux-mêmes ou pour des membres de leur famille, de leurs fonctions. Ils n’ont aucuns liens avec les fournisseurs et prestataires auxquels fait appel l’association.

Enseignement et Liberté n'a pas pour objet la collecte de fonds et ne cherche pas à réaliser des profits. Nous avons pour habitude de ne pas écrire plus de trois fois par an à nos correspondants, ceux qui souhaitent être plus souvent informés pouvant s'abonner à notre Lettre trimestrielle ou la recevoir gratuitement par Internet.

Actions

Diffusion en 1983/1984 d'un million d'exemplaires d'un manifeste en faveur de la liberté d'enseignement et des libertés dans l'enseignement approuvé par 46 membres de l'Institut de France.

Attribution, entre 1990 et 2002, de 18 prix à des auteurs d'ouvrages ou d'articles sur notre système scolaire et d’une bourse pour un manuel de biologie.

Publication sans interruption depuis septembre 1983 d'une Lettre trimestrielle.

Organisation d'une quinzaine de colloques, dont certains en collaboration avec l'OIDEL (Organisation internationale de défense de la liberté d'enseignement)

Le site internet a reçu plus de 100 000 visiteurs en 2010. On y trouve les 113 numéros parus de la Lettre trimestrielle et des dossiers dont, en particulier celui sur l'apprentissage de la lecture.

Conseil d'administration

Président : Recteur Armel PECHEUL, professeur agrégé des facultés de droit, professeur à l’Université d’Angers et à l’Institut catholique d’enseignement supérieur de La Roche sur Yon.

Michel BOYANCE, doyen de l'IPC - Faculté Libre de Philosophie et de Psychologie.
François-Henri BRIARD, avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de Cassation.
Anne COFFINIER, présidente de la Fondation pour l’école.
Claude de FLERS, ancien responsable d'association de parents d'élèves.
Guy GUERMEUR, ancien parlementaire, vice-président de l’OIDEL.
Jean Guy, président d’honneur de l’Association Rhodanienne pour la Liberté d’Enseignement.
Hubert de La BRUSLERIE, professeur de sciences de gestion à l’Université Paris I Sorbonne.
Henri de LA VILLE-BAUGE, ancien responsable d’association de parents d’élèves.
Recteur Pierre MAGNIN, professeur honoraire de pharmacologie à l'Université de Besançon.
Jean PROUDHON, fondateur de Mission pour l’école catholique

 

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